(Texte de Béatrice Bonnafous pour l’anniversaire de la Cité Payret Dortail) Au début j’ai eu un petit atelier dans la cité, un peu en contrebas, qui avait été celui du sculpteur Roger Plin, mon professeur de dessin aux Beaux-Arts de Paris. Quand j’ai eu mon atelier actuel, il me semblait immense. J’avais du mal à en accepter le silence. Je venais y travailler avec des amis, Patrick, Isabelle, Myriam … Philippe Congal venait souvent, nous dessinions avec ferveur, Jean-Pierre posait pour nous parfois. A ce moment-là, tous deux étaient vivants. Au bout de quelques années, quand je suis revenue à la peinture, je ne voulais pas que l’on voit mon travail en élaboration. Je préférais travailler seule. Les journées pouvaient être très longues, inutiles et puis tout à coup un coup de pinceau, une montée en couleur, je reprenais confiance. Mais le lendemain, de nouveau… ainsi de suite. Jusqu’au moment où un certain terrain de sa propre peinture se nomme, se reconnaît. Ce n’est pas plus facile aujourd’hui mais peut-être moins hésitant. Maintenant l’atelier est encombré de toiles, souvent des grands formats. Je garde les plus anciennes, plus petites. J’y reconnais mon histoire à l’atelier. A présent j’aime le silence de ce lieu et sa solitude.